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La lanterne Magique

Lanterne magique, photo Ciclic-Yumi Uchida 2013.

Nous poursuivons notre enquête sur ce qui a fait le cinéma, avant le cinéma. Après la photographie… La lanterne magique ! Parce que si nous avons beaucoup évoquer comment enregistrer des images fidèles de la réalité, et peut être déjà un peu les animer, le cinéma, c’est aussi un « spectacle ». Découvrons donc comment nous en sommes venus à projeter en public ces images fabriquées … Et à les faire un peu bouger…

Les premiers spectacles de projection d’images sont sans doute les théâtres d’ombres chinoises. Ne s’agissait-il pas en effet de « projection » d’images qui « bougeaient » ?

Puis, bien avant la naissance du cinématographe, la lanterne magique a permis de divertir mais aussi d’instruire un large public grâce à l’image. L’ancêtre des visionneuses de diapositives (mais aussi de films) nous plonge dans sa longue histoire.

La lanterne magique permettait d’animer les images et les textes, de rendre ces connaissances plus amusantes, plus vivantes, donc plus attrayantes et accessibles à tous.

Elle permet de projeter à travers un objectif des images peintes sur des plaques de verre, à l’aide de la lumière d’une chandelle ou d’une lampe à huile. On parle de lanterne magique du fait que le public d’alors est fasciné par ces images. Pour la première fois – la chambre noire étant méconnue du grand public – on peut ainsi regarder une image qui n’existe pas en réalité, puisqu’il s’agit d’une projection, on ne peut pas la saisir, la toucher, et elle est agrandie.

La lanterne magique permettait de projeter l’image que l’on voulait – même en couleur, il suffisait de la peindre, quand on voulait – et ce grâce à un matériel facilement transportable. Ce sont d’ailleurs les colporteurs qui ont popularisé ce premier appareil de spectacle visuel.

Certaines plaques de verre permettaient même de petites animations : par exemple, en faisant glisser une plaque représentant un personnage sur une autre, immobile, présentant un décor, on donnait l’impression que le personnage circulait dans le décor. Certains ont aussi eu l’idée de faire bouger la lanterne magique : les images se déplacaient dans la pièce, montaient le long du mur et glissent au plafond avant de se jeter sur les participants. S’il s’agissait d’un squelette ou d’un monstre, les cris étaient garantis !

Ci-après les suggestions de CICLIC…

Faire parler les images
Avant de montrer les images, il faut d’abord les annoncer, c’est lart de la mise en place d’un spectacle…. L’attente d’une image la rend plus intéressante lorsqu’elle apparaît. Ces images, les participants les connaissent peut-être. Mais lorsqu’elles apparaissent dans une pièce plongée dans le noir, elles ont un statut et une présence bien particulière.
Et l’image en soi ne suffit pas : elle n’est que le décor d’un monde imaginaire, raconté par le projectionniste-bonimenteur. Car ce que l’on montre n’est pas un château, un paysage, un bonhomme… C’est Le château célèbre et fameux, Le paysage des aventures extraordinaires, Le héros ! Ainsi on peut décrire ce qui se passe à l’intérieur de ce palais, montrer un détail insignifiant dans un coin de l’image mais auquel on donne une importance considérable, ou raconter l’enfance d’un personnage.
Voici des extraits d’un spectacle de lanterne magique. 

Atelier : fabrication d’une lanterne magique

La lanterne magique a résisté quelque temps à l’invention du cinéma puis a été oubliée… Avant de réapparaître sous la autre forme du projecteur de diapositives ! Des photographies impressionnées sur film transparent en plastique de 3,5 cm remplacent les peintures faites sur les plaques de verre.
On peut donc récupérer d’anciens projecteurs de diapositives et dessiner sur des feuilles transparentes avec des feutres permanents ou indélébiles. Étant donné la petite taille de l’image, prévoir de dessiner des portraits plutôt que des paysages. Mais on peut faire plusieurs dessins, ou un panorama, sur une longue bande que l’on fait défiler.
Chaque participant inventera une histoire pour accompagner son image.
L’idée de la lanterne magique c’est que toute surface devient réfléchissante : on pourra ainsi projeter sur les murs, mais aussi sur des meubles, des tee-shirts blancs ou un visage, sur lequel on superposera un visage dessiné.

On peut aussi utiliser les anciens rétroprojecteurs des salles de classe, au risque de perdre le charme des lanternes d’antan.
On peut se procurer un kit de fabrication d’une lanterne magique pour une somme raisonnable, sur le site heeza

Prolongement : les boîtes d’optiques

Inventé au XVIe siècle, la boîte d’optique propose de montrer à chaque curieux une image enfermée à l’intérieur d’une boîte. Cela peut sembler dérisoire mais à cette époque les images étaient rares et précieuses, et seuls les plus riches pouvaient se permettre d’avoir des tableaux, des gravures et des livres illustrés.
Des camelots, des porteurs d’images, allaient de village en village avec une grande boîte à l’intérieur de laquelle se trouvait une illustration de pays lointains, de villes étrangères, d’animaux fabuleux. Ces merveilles du monde, personne à l’époque, dans les villages ne pensait pouvoir les voir un jour en vrai.
Ces boîtes étaient équipées de lentilles qui permettaient de voir l’image plus grande et plus lumineuse. D’autres étaient équipées d’un clapet que l’on ouvrait ou refermait et qui permettait d’éclairer l’image soit de face soit par l’arrière. De petits trous dans l’image, éclairés par l’arrière, faisaient apparaître des étoiles ou la lumière derrière les fenêtres. Éclairés de face, les étoiles et les lumières des maisons disparaissent pour laisser place au jour. En basculant le clapet, on pouvait ainsi voir alternativement une image jour et une image nuit !

Boîtes d’optique et lanternes magiques participent du même émerveillement pour les images lumineuses impalpables. Mais dans un cas le spectacle est individuel, dans l’autre collectif. Le même distinguo réapparaîtra au moment de l’invention du cinéma, entre le kinétoscope d’Edison et le cinématographe des Lumière.

En savoir plus sur les boîtes d’optique 

Auteur :

Un site spécialement dédié à l'éducation à l'image Cinéma sur le département de l'Aude

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