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Histoire du Cinéma d’animation

Je vous propose  de revenir sur l’histoire de cette forme de cinéma singulière suivant une frise proposée par le site UPOPI (Textes : Simon Gilardi, Denis Walgenwitz. Réalisation : Ciclic en partenariat avec le Conseil général d’Eure-et-Loir, 2014.) .

Aujourd’hui:

L’influence grandissante de la télévision provoque la baisse du nombre des films d’animation destinés aux salles de cinéma, tandis que les séries TV connaissent le succès à partir de 1958 avec Huckleberry Hound, réalisé par Hanna & Barbera, qui produisent massivement dans les décennies suivantes. Les cases de programmes dédiés aux enfants prennent plus d’importance et permettent la mise en place d’espaces publicitaires qui leur sont aussi destinés. Ce n’est qu’à la fin de cette période que le plan images est initié en France, qui contribue à développer la production industrielle des séries télévisées.

Sur la même période, en Europe, la reconnaissance de l’animation d’auteur est favorisée par la création de l’Association internationale du film d’animation (ASIFA) et des festivals d’Annecy (1961), Zagreb (1972) et Ottawa (1976), qui récompensent alors de nombreux talents venus d’Europe de l’est :
– Yougoslavie : dessins proches de l’UPA (Dusan Vukotic, Nedelko Dragic), marqués par l’absurde.
– Tchécoslovaquie : contes à marionnettes (Jiri Trnka, Bretislav Pojar) ; prise de vues réelles / animation (Karel Zeman) ; surréalisme (Jan Svankmajer).
– Pologne : papiers découpés (Jan Lenica et Piotr Kamler), surréalisme (Walerian Borowczyk), expérimentations (Jerzy Kucia ; Zbigniew Rybczynski).
– Hongrie : films courts (Marcell Jankovics, Ferenc Rofusz) ; expérimentations à l’ordinateur (Peter Foldès, exilé).
– Russie : mélange virtuose des techniques de Iouri Norstein

1963- Japon

En 1963 sort le premier épisode de la série Astro Boy, réalisée par Osamu Tezuka à partir de son propre manga. Au Japon, cette date marque le début de la production massive de séries, qui s’exportent à partir de la fin des années 1970.
La force de ces séries tient en partie au talent indéniable de leurs auteurs, mais aussi à la mise en place d’un type de production poussé et qui tient compte pleinement des contraintes économiques. Si le travail est rigoureusement décomposé, la réutilisation massive des cycles d’animation d’un épisode à l’autre permet de grandes économies, mais contribue aussi à générer une nouvelle esthétique où les positions des personnages peuvent fonctionner avec très peu d’animation. Plusieurs secondes sont parfois monopolisées par un seul dessin fixe, l’action est alors dynamisée par l’emploi alterné de deux arrière-plans figurant un effet de vitesse par exemple.

Astro Boy (générique), Osamu Tezuka

1966 – Expérimental

Après-guerre, le cinéma expérimental poursuit les recherches des avant-gardes sur les formes abstraites, le rythme et les sons (Robert Breer), certains utilisant l’informatique naissante.
Le psychédélisme inspire des œuvres expérimentales, par exemple celles de Harry Smith, James Whitney ou Jordan Belson.
Plusieurs artistes travaillent par ailleurs sur l’unité de base du cinéma, le photogramme, comme l’Autrichien Peter Kubelka, les artistes du courant lettriste (Maurice Lemaître) ou encore les adeptes du found footage, qui travaillent image par image à partir de photogrammes existants (Bruce Conner).
Certains de ces cinéastes expérimentaux travaillent pour l’industrie, comme John Whitney pour le générique de Vertigo d’Hitchcock, qu’il réalise avec Saul Bass.

Lapis, James Whitney, 1966, distribué en salles par Lightcone

1968 –  Clip

En 1968, le long métrage Yellow Submarine de George Dunning met en scène les Beatles, dont plusieurs chansons figurent intégralement et sont diffusées indépendamment du film. On peut réellement parler ici de « clips », au sens d’extraits (« to clip off » siginifie « couper » en anglais), même si c’est bien Oskar Fischinger qui le premier célèbre le mariage de l’animation et de la musique dans ses films des années 1920. Il est suivi par Disney, les Fleischer et de nombreux autres.
L’animation marque ensuite le clip moderne, à travers toutes ses techniques : pixilation (« Sledgehammer« ), pâte à modeler (« My Baby Just Cares for Me« ), Lego animés (« Fell in Love With a Girl » ), images de synthèse (« All is Full of Love »)…
Comme la publicité, le clip devient à la fois une source de revenus et un terrain d’expérimentations pour bon nombre d’animateurs. Dans les années 1980 et 1990, il contribue largement à l’émergence de nouvelles structures de production.

Yellow Submarine , 1968, réalisé et animé par George Dunning © 2015 Calderstone Productions Limited (a division of Universal Music Group) / Apple Corps Ltd. / Subafilms Ltd

1972 – Animation pour adultes

Depuis l’origine, le cinéma d’animation produit des œuvres qui ne s’adressent pas prioritairement aux enfants, mais doit lutter contre l’impression inverse, due notamment à l’omniprésence des longs métrages de Disney.
Le succès de Fritz the Cat, premier long métrage interdit aux moins de 18 ans, montre que l’animation peut produire des films réservés aux adultes.
Par la suite, le Belge Picha, l’Anglais Phil Mulloy ou l’Américain Bill Plympton abordent la violence et le sexe, de façon comique ou satirique.
Au Japon, l’animation pornographique, appelée hentai, existe depuis les années 1980.

Fritz the Cat, Ralph Bakshi, 1972, édité en vidéo par MGM

1974 – L’île aux enfants

L’île aux enfants est créée en France, qui reprend pendant un temps des programmes de l’émission éducative Sesame Street, diffusée aux États-Unis depuis la fin des années 1960. À la différence de sa «grande sœur» américaine, l’émission française joue la carte du ludique, frôlant parfois le surréalisme.
C’est pour des besoins d’entre-actes que L’île aux enfants a recours à de courtes séquences animées. Plusieurs réalisateurs sont mis à contribution, dont Stefano Lonati et Italo Bettiol. Ces courts films sont pour eux l’occasion de créer plusieurs séries éducatives, mais surtout décalées. Diverses techniques sont employées et leur capacité de stylisation détonne. Malgré la production qui doit être soutenue, la fabrication garde un aspect encore artisanal. D’autres réalisateurs s’illustrent alors, tels Gille Gay, Denis Dugas, mais aussi Osvaldo Cavandoli et sa fameuse Linea.

Le Jet d’eau, 7e épisode de la série Chapi Chapo créée en 1974 par Italo Bettiol et Stefano Lonati, distribuée par AB Vidéo

1976 – Peinture

Les dessins d’Émile Reynaud étaient peints image après image, tout comme une partie des images des premières productions Disney. La peinture reste une matière première très utilisée en animation sur celluloïd, par des auteurs comme George Dunning, Georges Schwizgebel ou Gianluigi Toccafondo.
Au lieu de peindre intégralement les images une par une, on peut aussi animer directement la peinture sous la caméra. C’est ce qu’expérimentent Walter Ruttman, Douglass Crockwell (Fantasmagorie) ou Oskar Fischinger (Motion Painting n°1) avant-guerre, puis Caroline Leaf avec Orfeo (1972) ou The Street, Alexandre Petrov (Le Vieil Homme et la mer, 1999) et tout récemment Florence Miailhe, qui explique ici la technique de la peinture animée sur table de verre.

Cliquez sur l’image pour coir le film The Street, 1976, de Caroline Leaf © Caroline Leaf

1976 – Sable

Dans les années 1970, plusieurs réalisateurs mettent en lumière l’animation à base de sable (ou d’autres types de poudres), le plus souvent utilisé, comme la peinture, sur table de verre : Nag et Gisèle Ansorge, Caroline Leaf, (The Metamorphosis of Mr. Samsa, 1977), Eliot Noyes Jr. (Sandman, 1973).
Dans les années 1980, le Hongrois Ferenc Cako devient un virtuose de la technique avec laquelle il réalise aujourd’hui des performances d’animation en direct.
Récemment, Sébastien Laudenbach (Vasco, 2010), Vladimir Petkevitch (L’Éléphant et les quatre aveugles, 2004) ou encore Svletlana Fripova ont utilisé cette technique.

Sandman, Eliot Noyes, Jr., 1973

1981 – MTV

Aux États-Unis, la chaîne MTV diffuse des clips musicaux où la créativité de l’animation marque les esprits. Dans ce sillage, la chaîne propose aux animateurs de prendre en charge son identité visuelle, mais surtout de participer à des campagnes de sensibilisation sur des sujets aussi divers que la guerre, la faim dans le monde, ou la prévention du sida. Des créateurs du monde entier contribuent à l’émergence d’une nouvelle vague esthétique vue au niveau mondial.
Dans le même mouvement, MTV bénéficie d’un habillage par les plus grands réalisateurs du moment, favorise le développement de petites structures de production et aide à faire reconnaître le talent de nombreux animateurs à travers le monde.

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Cliquez sur l’image pour voir Jingle MTV © Gelée Royale

Auteur :

Un site spécialement dédié à l'éducation à l'image Cinéma sur le département de l'Aude

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