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Histoire du cinéma d’animation

Je vous propose  de revenir sur l’histoire de cette forme de cinéma singulière suivant une frise proposée par le site UPOPI (Textes : Simon Gilardi, Denis Walgenwitz. Réalisation : Ciclic en partenariat avec le Conseil général d’Eure-et-Loir, 2014.) .

Aujourd’hui:

1936 — 1957 Les cartoons

Dans le domaine grand public, les concurrents directs de Disney jusque dans les années 1940 sont les frères Fleischer. Que ce soit sur le plan de la création ou de l’innovation technologique, ils sont très souvent en pointe. La série des Popeye influence ainsi l’écriture et la structures des séries telles que celles de Chuck Jones pour la Warner, Hanna & Barbera pour la MGM ou Tex Avery pour les deux. Ce dernier fait figure de symbole de l’alternative au réalisme et aux bons sentiments disneyens, alernative également portée par l’UPA.

Hors de ce champ dominé par la conquête du grand public et les logiques de studios, l’animation d’auteurs est de son côté marquée par la création en 1939 de l’Office National du Film du Canada, dont les talents venus du monde entier vont prolonger les recherches des avant-gardistes, tant sur le plan formel que sur le champ des thèmes abordés.

1938 –  Publicité

La publicité utilise beaucoup l’animation. Des cinéastes dont les œuvres restent par ailleurs méconnues du grand public y trouvent non seulement une source de revenus mais aussi un véritable terrain d’expérimentations. Len Lye réalise ainsi Trade Tattoo (1937) pour la Poste britannique, Fischinger et Alexeïeff animent des cigarettes, George Pal et Karel Zeman perfectionnent leur animation de marionnettes…
Dans les années 1950, avec la télévision, la publicité constitue un lieu de renouvellement de l’animation en France, mais aussi en Italie par l’intermédiaire du programme à succès Carosello, dans lequel la mention du produit vanté n’est qu’accessoire. Plus récemment, le studio Aardman a mis la pâte à modeler au service de la publicité et Bill Plympton y a également imprimé sa marque.

Publicité pour Sugar Delight, 1991, réalisé et animé par Bill Plympton

1940 – Toons

Les vedettes du dessin animé grand public ont tout de suite été des animaux anthropomorphes, mais dans les années 1940 ils se multiplient comme des lapins : Bugs Bunny fait sa première apparition dans A Wild Hare (Tex Avery) en 1940, la même année que Tom & Jerry dans Puss Gets The Boot (Hanna et Barbera).
Ces séries mettent souvent en scène un duel reproduit à l’infini et qui trouve peut-être son expression la plus pure avec Bip Bip et le Coyote, créée en 1949 par Chuck Jones.

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1940 – Propagande

Pendant la guerre, le cartoon est mis au service de la propagande. Donald donne l’exemple dans Der Fuehrer’s face.
Entre pédagogie et propagande, Warner produit la série Private Snafu, destinée aux soldats.

Der Fuehrer’s face , Jack Kinney, 1943, édité en vidéo par Buena Vista Home Entertainment

1946 – Tex Avery

Après avoir fait ses armes chez Warner, Tex Avery connait sa période prolifique à la MGM, entre 1942 et 1954. Bien qu’il s’adresse aussi au grand public, il fait figure d’anti-Disney (dont il se moque dans Screwball Squirrel) à plusieurs titres : refus du réalisme pour exploiter au maximum les possibilités du dessin animé ; refus de la bienséance au profit de personnages grossiers et vils, d’histoires féroces ; nouveau rapport au spectateur : les personnages s’adressent à nous, l’écran se brouille, on voit les limites de la pellicule…

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1950 – United Productions of America

En 1941, une grande grève a lieu chez Disney. Dans la foulée, l’animateur Stephen Bosustow va fonder l’UPA (United Productions of America) avec des camarades grévistes, qui s’installent à New York puis à Londres.
L’UPA rompt avec Disney d’une autre manière que Tex Avery. Le trait est fortement stylisé, l’animation limitée. Les histoires, dont les héros ne sont plus des animaux, ne sont pas forcément comiques et ne s’adressent pas en priorité aux enfants (The Tell-Tale Heart est interdit aux moins de 18 ans).
Après le succès du personnage récurrent Mister Magoo, dirigé par John Hubley dans The Ragtime Bear (1949), confirmé par l’Oscar de Gerald McBoing Boing, l’inspiration décline à la fin des années 1950, quand l’UPA se met à produire pour la télévision.

https://www.dailymotion.com/shortanimatedworld

Gerald McBoing Boing de Roger Cannon, 1950, édité en vidéo par Sony

1955 – Office National du Film du Canada

Créé en 1939 par le documentariste John Grierson, l’Office National du Film du Canada ouvre un secteur animation en 1942. Les réalisateurs jouissent d’une totale indépendance. Libérés du souci de rentabilité, ils travaillent dans le sens de la recherche et de l’expérimentation, tout en véhiculant des valeurs humanistes. Outre les Canadiens, l’ONF a accueilli, et accueille encore, des cinéastes du monde entier : Lotte Reiniger, Paul Driessen, Georges Schwizgebel…
La figure majeure de l’ONF reste le prolifique et inventif Norman McLaren, récompensé par une palme d’or à Cannes pour Blinkity Blank : « Chaque film est pour moi comme une espèce de danse, la chose la plus importante dans le film est le mouvement. Peu importe la chose que je fais bouger, personnes, objets, dessins, de quelque façon qu’elle soit faite c’est une forme de danse. »

Blinkity Blank, Norman McLaren, 1955, édité en vidéo par Les Films de Paradoxe

 

Auteur :

Un site spécialement dédié à l'éducation à l'image Cinéma sur le département de l'Aude

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