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Histoire du cinéma d’animation

 L’animation est à l’origine du cinéma. Animer, c’est en effet donner l’illusion du mouvement à partir d’une suite d’images fixes. On décompose un mouvement en une série de dessins qu’on projette ensuite tellement vite que l’œil ne perçoit pas séparément chaque phase du mouvement, mais un mouvement continu. C’est sur ce principe qu’ont été inventés les jouets optiques, puis les pantomimes d’Émile Reynaud et enfin les photographies animées des frères Lumière. 

Au fond, tous les films sont donc des films d’animation. Les Lumière et leurs successeurs ont laissé tourner la caméra, mais quelques artistes patients ont continué de fabriquer leurs films image par image, avec diverses matières premières : papier, poupées, peinture, pâte à modeler… jusqu’aux pixels des ordinateurs

Je vous propose durant les prochains jours de revenir sur l’histoire de cette forme de cinéma singulière suivant une frise proposée par le site UPOPI (Textes : Simon Gilardi, Denis Walgenwitz. Réalisation : Ciclic en partenariat avec le Conseil général d’Eure-et-Loir, 2014.) .

Aujourd’hui:

Les pionniers du cinéma d’animation.

Le cinéma d’animation naît en deux temps : d’abord avec le théâtre optique d’Émile Reynaud, puis une deuxième fois après l’invention du cinématographe, quand des bricoleurs parviennent à appliquer l’image par image à ce dernier, d’abord pour produire des effets spéciaux, puis pour créer des œuvres à part entière.

Parmi les pionniers, souvent solitaires, de l’animation, beaucoup viennent du dessin de presse. Le dessin animé est donc rapidement majoritaire. Mais presque toutes les techniques sont expérimentées dès les premières années. Ainsi, bien davantage que le cinéma tourné en temps réel*, l’animation devient le cousin des autres arts : sculpture, peinture, musique (avant même l’arrivée du parlant)…

Étonnés et fiers de leur découverte, les premiers animateurs montrent leurs mains donnant vie à la matière. Cette capacité à donner vie restera une des inspirations majeures de l’animation, tout comme son aptitude à créer des métamorphoses infinies.

Théâtre optique

Première séance publique du théâtre optique d’Émile Reynaud, au musée Grévin à Paris. On y projette des pantomimes lumineuses, véritables dessins animés de 5 à 10 min, qui connaissent un immense succès jusqu’en 1900.
On avait déjà animé des images, mais uniquement de façon cyclique avec les jouets d’optique tels que le zootrope. Le théâtre optique permet la création de scènes dont la durée ne dépend que de la patience de l’artiste qui doit dessiner chaque image (les bandes de Reynaud sont constitués de plus de 500 images).
C’est bien de l’animation, mais pas encore du cinéma, puisque ce dernier n’existe pas encore.

Cliquez ici pour voir la pantomime lumimeuse
« Autour d’une Cabine »

Arrêt de la caméra

La légende veut que, par accident, Georges Méliès ait découvert le « truc par arrêt » : en arrêtant puis en relançant la caméra, il aurait créé des effets spéciaux, par exemple des escamotages et des métamorphoses.

Voir « Le château hanté » (1897) de Georges Méliès édité par Lobster film

Image par image

Dans la foulée de Méliès, certains réalisateurs systématisent l’usage du truc par arrêt de la caméra, au point de réaliser presque entièrement leur film image par image.
Les premiers « personnages » animés sont des objets réels :
Arthur Melbourne Cooper anime des allumettes dans une publicité (Matches : an Appeal, 1899), Segundo de Chomon et James Stuart Blackton mettent en scène des hôtels magiques (The Haunted Hotel,1907 ; El Hotel Electrico, 1908).

Dessin animé

L’arrêt de la caméra est ensuite appliqué au dessin. Dans The Enchanted Drawing (1900), James Stuart Blackton mélange dessin et animation d’objets, avant d’animer des caricatures à la craie dans Humorous Phases of Funny Faces (1906).

Mais c’est Fantasmagorie d’Émile Cohl (dont nous avons déjà parlé sur ce blog en date du 17 avril) qui est le plus souvent considéré comme le premier dessin animé de l’histoire du cinéma, car pour la première fois l’image par image n’est pas utilisé pour créer des effets spéciaux mais pour raconter une histoire.

Winsor McCay

Auteur de bandes dessinées, l’Américain Winsor McCay se lance seul dans l’animation de son personnage Little Nemo, puis dans la réalisation de Gertie the Dinosaur (1914).

McCay est l’un des premiers à utiliser la boucle : il dessine un mouvement qui boucle sur lui-même pour pouvoir le répéter sans avoir à le redessiner.
Il utilise aussi le système des poses clés : il dessine d’abord les phases importantes du mouvement, avant d’en dessiner les intervalles.

A demain pour la suite….

Auteur :

Un site spécialement dédié à l'éducation à l'image Cinéma sur le département de l'Aude

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